Ahhh le Brésil!

Le Sud du Brésil et sa culture gaucho, n’est pas ce à quoi on pense en premier lorsqu’on évoque le Brésil. On pense plutôt à ses plages paradisiaques, à son Carnaval, à Rio de Janeiro, ses favelas, à la cachaza et la caipirinha, la bossa nova pour les amateurs de musique, mais également à l’Amazonie le poumon du monde…..On oublie souvent que le Brésil, et en particulier le Sud du Brésil, est aussi une terre d’élevage dont la majeure partie de l’activité se situe au sud du pays avec une véritable culture « gaucho ».

Il existe ainsi dans le Sud du Brésil, à Rio Grande Do Sul, une culture équestre omniprésente qui puise ses racines dans la culture "gaucho ».

Le Sud du Brésil, terre des gauchos

Le Sud du Brésil, et plus spécialement l’Etat Rio Grande Do Sul, qui fait approximativement la taille de l’Italie, est l’un des poumons agricoles du Brésil. On retrouve dans cette région des estancias de milliers d’hectares où l’on cultive des céréales et on élève des milliers de têtes de bétail, et surtout qui abritent des élevages de chevaux appelées « Cabanha » où sont sélectionnés depuis des décennies la crème de la crème du cheval Criollo.

Il existe ainsi à Rio Grande Do Sur une culture équestre omniprésente qui puise ses racines dans la culture « gaucho ». Cette culture « gaucho » est  propre aux terres d’élevage de cette région du continent sud-américain autrefois appelée la Pampa et qui s’étend du centre et nord-est de l’Argentine, en passant par le sud du Brésil et l’Uruguay. C’est dans ces régions que la culture équestre liée au travail du bétail et à l’élevage du cheval Criollo est la plus forte.

On dit d’ailleurs que le Sud du Brésil est un autre État dans l’État du Brésil, tant ses traditions, ses gens et même sa langue (le « portugnol », un mélange d’espagnol et de portugais) ont plus en commun avec l’Argentine et l’Uruguay, que le reste de ce pays immense. Et alors que le reste du Brésil est composé d’une population métissée d’origine portugaise et africaine, la population de Rio Grande Do Sul est principalement d’origine européenne, historiquement portugaise et espagnole, ayant connu par la suite au XXème siècle une forte vague d’immigration Italienne et Allemande.

La « culture Gaucho »?

Vous l’aurez compris, la culture gaucho traditionnellement assimilée à l’Argentine, s’étend également au Sud du Brésil – Rio Grande Do Sul- et à L’Uruguay, lesquels formaient partie d’une même région appelée la Pampa, le fief d’origine du fameux Gaucho.

Historiquement le gaucho était l’équivalent d’un « ouvrier agricole » indépendant, qui louait ses services aux propriétaires de bétail afin de garder leurs troupeaux à une époque ou les pâturages n’avaient de limite que l’horizon. Ils étaient responsables du bétail qui leur était confié, de son intégrité et de sa rentabilité. Ces hommes vivaient dehors, à cheval, au rythme de la nature, et à la merci de ses caprices et devaient cohabiter avec des ethnies indiennes locales guerrières comme les Charrua dans l’Est de la Pampa qui ont largement contribué au métissage culturel et ethnique du gaucho de cette époque. De là est né le mythe du gaucho : ces hommes solitaires, sans peur, endurcis par la vie en plein air, épris de liberté et d’indépendance, ayant pour seuls compagnons de travail leurs chevaux.

Puis les fils de fer ont fait leur apparition, on a commencé à clore ces étendues immenses, plus besoin de guider les troupeaux sur des centaines de kilomètres. Les gauchos se sont sédentarisés et la culture gaucho a évolué, notamment au gré des vagues d’immigration successives (notamment italiennes, allemandes au XXème siècle). On appelle aujourd’hui culture gaucho tout cette culture liée à la terre, à l’élevage du bétail et des chevaux, une culture largement dominée par les hommes, lesquels étaient prédisposés au travail avec les animaux. La culture gaucho ce sont aussi les rituels du mate, cette herbe qui se boit avec une paille métallique appelée bombilla, les traditions culinaires (les fameux « asados » ou « parilladas ») et musicales, voire religieuses qui trouvent leurs racines dans la vie agricoles et ses traditions. La plupart des hommes travaillant dans le milieu agricole de ces régions, qu’ils soient propriétaires terriens ou employés, d’origine portugaise ou espagnol, italienne ou allemande, revendiquent avec fierté leur statut de « gaucho ».